Qualifiée pour la prochaine Coupe du monde, la sélection iranienne ne prendra finalement pas part à la compétition. Cette décision radicale, qui planait comme une ombre depuis le début des hostilités au Moyen-Orient, a été officiellement confirmée le mardi 10 mars. Elle fait directement suite à l’escalade des affrontements militaires survenus ces derniers jours entre Téhéran et Washington, rendant la présence de la république islamique inenvisageable sur le sol américain, pays co-organisateur du tournoi.
C’est au micro du réseau sportif d’État IRIB que le ministre iranien des Sports, Ahmad Donyamali, a mis fin au suspense, fermant ainsi la porte à tout espoir de voir son équipe nationale disputer les rencontres. « Étant donné que ce gouvernement corrompu a assassiné notre dirigeant, nous ne sommes en aucun cas en mesure de participer à la Coupe du monde. Nos garçons ne sont pas en sécurité et les conditions de participation ne sont pas réunies », a-t-il fermement justifié lors de son intervention télévisée.
Pour les autorités de Téhéran, la sécurité de la délégation sportive et des supporters constitue une ligne rouge infranchissable. Le gouvernement estime qu’il serait totalement irresponsable d’envoyer ses ressortissants séjourner et évoluer dans une nation qui, selon la rhétorique officielle, lui a ouvertement déclaré la guerre. Ce retrait géopolitique inédit bouleverse l’organisation de l’événement sportif le plus suivi de la planète, à seulement quelques mois du coup d’envoi.
Prenant acte de cette défection fâcheuse, la Fédération internationale de football association (Fifa) tente désormais d’activer ses leviers diplomatiques pour apaiser les tensions. Reste à savoir si les tractations menées par Gianni Infantino suffiront à faire revenir le gouvernement iranien à de meilleurs sentiments. Pour rappel, l’Iran devait évoluer dans le groupe G, aux côtés de la Nouvelle-Zélande, de la Belgique et de l’Égypte, une poule qui se retrouve aujourd’hui dans l’attente d’une potentielle réorganisation.