Toute l'actu
100% football
100% en ligne

Le rideau va tomber sur la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations avec une affiche de rêve. À quelques heures du coup d’envoi de ce choc des titans entre le Maroc et le Sénégal, Hervé Penot, grand reporter au quotidien français L’Équipe et spécialiste du football africain, s’est confié à la rédaction de FootGabon. Entre la régularité effrayante des Lions de la Teranga et la montée en puissance tactique des Lions de l’Atlas, l’expert livre son verdict.

C’est l’explication finale que tout le continent attendait. D’un côté, le tenant du titre et sa constance inébranlable ; de l’autre, le pays hôte porté par une ferveur retrouvée. Pour Hervé Penot, ce duel sommet oppose deux trajectoires bien distinctes.

Le Sénégal : La force de l’habitude

Aux yeux du journaliste français, le Sénégal aborde cette finale avec le statut de patron incontesté du continent sur la dernière décennie. La statistique est, selon lui, « assez invraisemblable » : c’est la troisième finale en quatre éditions pour la bande à Aliou Cissé.

« Le Sénégal partait un peu comme le poids lourd des dernières années... cela prouve une force brute et une habitude de dominer le continent », analyse Hervé Penot pour FootGabon. Cette domination se traduit par une invincibilité qui donne le vertige : « Ils sont invaincus depuis 17 matchs, ça dit tout de ce qu’est le Sénégal aujourd’hui ». Une équipe portée par son expérience et des cadres rodés aux grands rendez-vous, avec « Sadio Mané en tête de liste ».

Le Maroc : Du doute à la maîtrise tactique

Si le Sénégal est un rouleau compresseur, le Maroc revient de loin. Hervé Penot pointe du doigt un « retard à l’allumage » causé par l’immense pression populaire pesant sur les épaules de Walid Regragui et ses hommes. « On a eu du mal à voir l’équipe sortir de terre », confie-t-il, évoquant une « mauvaise mayonnaise » initiale faite de critiques et de sifflets.

Mais le déclic a eu lieu. Selon l’expert, le vrai visage du Maroc s’est révélé à partir des quarts de finale, transformant l’équipe en forteresse imprenable. « Tactiquement, c’était la plus forte. Ce qu’elle a réussi à faire face au Cameroun, puis face au Nigeria, c’était empêcher l’adversaire d’obtenir des occasions », explique-t-il. Une solidité qui témoigne de la « force stratégique de son entraîneur et de son staff ».

Le pronostic : Avantage au pays hôte

Alors, qui soulèvera le trophée ce soir ? Si les deux équipes se valent, Hervé Penot penche légèrement pour les locaux, porté par une dynamique nationale qui dépasse le cadre du football.

« Pour le favori, je mettrais quand même un avantage sur le Maroc. J’ai l’impression qu’il se passe quelque chose dans le pays, une espèce de bouffée d’oxygène qui est née grâce à cette équipe nationale » , prédit-il.

Toutefois, la prudence reste de mise face à l’ogre sénégalais : « Si le Sénégal gagnait, je ne serais pas non plus ultra surpris ». Seule condition pour que la fête soit belle, selon l’analyste : que ce choc se déroule « sans souci d’arbitrage ». Place au jeu.